Raffaella

Que dire, mon Dieu? Aristo m’a mis dans un sacré guépier en me demandant de me décrire sur ce papier. Il n’y a pas grand chose vraiment. Je m’appelle Raffaella, j’ai dix sept… Non… dix huit ans. Des cheveux longs, auburn, qui virent parfois au brun, des yeux clairs. Mes amis disent que je suis une chic fille, douce, mais je crois que je suis plus forte que ça. Discrète, oui. Vous connaissez l’histoire : c’est Montefiorino ici, le seul avenir à bâtir quand on est une femme, c’est de réussir un joli mariage. Je ne suis même pas sûre d’avoir envie d’y échapper. Mais il y a mes amis, Sandro, Piero, Dina, Aristofane. Ils sont tellement intelligents, j’aime les suivre. Surtout Aristo bien sur. Je crois que je l’aime tout court. Je crois aussi, parfois, que c’est un salaud. Je l’aime quand même. A nous tous, nous sommes la Mano, cinq doigts pour une main. Là, je suis Anulare, l’annulaire. On rend justice à ceux qui n’ont rien, je crois, on fait « des actes de justice prolétarienne » comme dit Piero. C’est terriblement excitant, cette frousse, surtout contre les fachos du MSI…
Je crois que je dois passer le papier à Sandro. Vous verrez, c’est quelqu’un de bien, un ami.

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